Teknik - Sécurité des sous-stations électriques
09 avril 2026
Parce que... c'est l'épisode 0x301!
Teknik - Private Key Leaks in the Wild - Insights from Certificate Transparency (nsec)
14 mai 2026
Parce que... c'est l'épisode 0x300!
Teknik - Stratégie de sécurité applicative adaptée à l'IA (Cybereco)
29 avril 2026
Parce que... c'est l'épisode 0x2FF!
Parce que… c’est l’épisode 0x2FF!
Shameless plug
- 3 au 5 juin 2026 - SSTIC 2026
- 24 et 25 juin 2026 - Troopers
- 26 et 27 juin 2026 - leHACK
- 19 septembre 2026 - Bsides Montréal
- 1 au 3 décembre 2026 - Forum INCYBER - Canada 2026
- 24 et 25 février 2027 - SéQCure 2027
Description
Le défi fondamental : le volume dépasse les humains
Jonathan Marcil part d’un constat simple mais vertigineux : l’IA génère du code à une vitesse que les équipes de sécurité ne peuvent plus suivre humainement. Le volume de code produit est tel qu’il devient impossible de tout réviser avec rigueur sans y perdre sa santé mentale. Cette réalité impose une réponse stratégique, et c’est précisément l’objet de sa présentation à Cybereco : proposer des stratégies qui utilisent l’IA pour répondre aux problèmes que l’IA elle-même crée.
L’humain reste une variable limitante
Même si l’IA ne connaît pas de fatigue propre, les humains qui travaillent avec elle, eux, s’épuisent. Jonathan illustre ce point avec l’exemple du programme de bug bounty de cURL, qui a dû être fermé parce que les participants utilisaient l’IA pour générer des rapports de bogues en masse. Le résultat : une surcharge humaine impossible à gérer, même pour des experts qui connaissent le système depuis des dizaines d’années. L’IA peut amplifier le bruit autant que le signal.
Le prompting : une compétence éphémère
Un thème central de la discussion est la nature instable de la compétence en prompt engineering. Chaque nouveau modèle frontier réagit différemment, ce qui rend les techniques de prompting acquises partiellement obsolètes à chaque mise à jour majeure. Jonathan voit néanmoins une vertu dans cette diversité des modèles : elle empêche une standardisation totale et maintient une forme de compétition saine entre les fournisseurs. Cela dit, il met en garde contre la tentation de consacrer trop d’énergie à suivre chaque lancement au détriment des compétences fondamentales en sécurité.
Le vibe coding et la perte de compétences
L’un des points les plus préoccupants soulevés par Jonathan est le risque de dépendance cognitive. Le « vibe coding » — cette pratique de générer du code sans vraiment le comprendre — crée une illusion de productivité. Tant que tout fonctionne, personne ne pose de questions. Mais le jour où un bug survient ou qu’une faille est découverte, si les développeurs n’ont plus les compétences fondamentales pour diagnostiquer le problème, ils se retrouvent à demander à l’IA de corriger ce qu’elle a elle-même mal produit. Jonathan cite un exemple personnel : il a demandé à un modèle de réviser ses diapositives, et le modèle a omis un élément important — sans le signaler spontanément. L’autocritique reste un angle mort des LLM.
Les stratégies proposées
La réponse de Jonathan à ces défis repose sur plusieurs axes concrets :
1. Diversifier les modèles. Utiliser plusieurs IA en parallèle — demander à l’un de valider ce que l’autre a produit — est une pratique simple mais efficace pour introduire un regard critique dans le processus. Il suggère aussi de soumettre d’anciens travaux aux nouvelles versions des modèles, qui peuvent en faire de meilleures révisions.
2. Charger les bonnes pratiques de l’entreprise dans le LLM. Plutôt que d’utiliser un modèle générique, Jonathan propose d’alimenter le LLM avec la gouvernance, les politiques et les standards de sécurité propres à l’organisation. Les résultats, selon son expérience avec une formation Cybereco l’année précédente, peuvent être spectaculaires : des équipes ont corrigé des vulnérabilités réelles en moins de 15 minutes après avoir simplement fourni au modèle les bonnes pratiques contextuelles.
3. Combiner petits et grands modèles. Pour gérer les coûts et la vitesse, il propose d’utiliser des modèles légers (souvent locaux) pour les tâches d’exploration — par exemple, repérer les zones d’authentification dans une base de code — puis de faire traiter les résultats par un modèle plus puissant. Cette architecture en pipeline est à la fois économique et efficace.
4. Explorer les modèles open weight. Les modèles à poids ouverts, notamment ceux optimisés par des contributeurs chinois pour tourner sur du matériel modeste, offrent une flexibilité précieuse. Ils permettent de ne pas être entièrement dépendant des fournisseurs cloud et d’adapter l’usage à la tolérance au risque propre à chaque organisation.
Le problème systémique : insécure par défaut
La conversation se clôt sur une observation structurelle importante : les infrastructures cloud sont historiquement configurées pour maximiser l’adoption, c’est-à-dire ouvertes par défaut. Jonathan constate que les LLM ont reproduit ce même réflexe — livrer vite, livrer simple, quitte à négliger la sécurité. La sécurité applicative, qui arrive toujours en fin de processus, paie le prix de cette course à l’adoption. Il plaide pour inverser cette logique : partir d’une posture fermée et sécurisée par défaut, puis ouvrir ce qui est nécessaire, plutôt que l’inverse.
Collaborateurs
Crédits
- Montage par Intrasecure inc
- Locaux réels par Cybereco
Tags: appsec, cybereco, ia
Tweet






