Parce que… c’est l’épisode 0x698!

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Description

Introduction

Dans cet épisode, David Bizeul et Nicolas explorent l’interopérabilité entre composants de sécurité et présentent le projet Open XDR Architecture (OXA). La discussion met en lumière les défis de l’approche “best of breed” face à la plateformisation du marché de la cybersécurité, ainsi que les solutions innovantes pour favoriser l’interopérabilité.

L’approche best of breed et ses défis

David Bizeul se définit comme un fervent défenseur de l’approche best of breed, qui consiste à sélectionner la meilleure solution pour chaque problème spécifique en cybersécurité. Cette philosophie s’inscrit dans l’ADN de Sekoia, où l’ouverture et l’interopérabilité constituent des valeurs fondamentales. Cependant, cette approche se heurte à une réalité complexe : bien qu’un produit puisse être excellent dans son domaine, il ne représente qu’une lettre dans l’alphabet complet d’un workflow de cybersécurité.

Le principal défi réside dans la compétition avec les grandes plateformes intégrées. Ces acteurs, principalement américains, ont pu racheter la concurrence pour des centaines de millions ou des milliards de dollars, créant des offres complètes de A à Z. Face à cette concentration, les éditeurs spécialisés doivent trouver des moyens alternatifs de créer de la valeur pour leurs clients sans disposer des mêmes ressources financières.

Le projet Open XDR Architecture (OXA)

Pour répondre à ces enjeux, trois sociétés françaises - Sekoia, Arfanglab et Glims - ont collaboré pour créer OXA. Sekoia propose une plateforme SOC, Arfanglab une solution EDR, et Glims une solution d’analyse de malware. Ensemble, ils ont développé une architecture ouverte permettant de faire du XDR (Extended Detection and Response) en favorisant l’interopérabilité entre différentes solutions technologiques de qualité.

L’objectif d’OXA est de se positionner face aux acteurs plateformisants, non pas en suivant leur modèle d’acquisition agressive, mais en promouvant les standards, l’interopérabilité et des formats de données ouverts. Cette approche vise à faciliter les workflows entre différents composants de sécurité.

Les différentes couches d’OXA

Formats de données

La première couche concerne les formats de données générés et consommés par les différentes solutions. Historiquement, le marché souffrait d’une prolifération de formats propriétaires, rendant l’intégration extrêmement complexe. OXA s’appuie sur des standards existants comme OCSF (Open Cyber Security Framework), qui définit un cadre pour les différents types de produits et leurs champs de données pertinents. L’objectif n’est pas de réinventer la roue, mais de promouvoir ce qui existe déjà et fonctionne bien.

Spécifications d’API

La deuxième couche aborde l’automatisation et la communication entre produits. Contrairement aux formats de données, il n’existe pas sur le marché de spécification d’API standardisée pour la cybersécurité. Chaque éditeur développe ses propres API propriétaires pour communiquer avec les EDR, firewalls ou SIEM. OXA propose une spécification d’API définissant comment les composants de sécurité devraient interagir : comment suspendre un processus sur un EDR, comment ajouter une règle de détection dans un SIEM, etc.

Cette standardisation permet de gagner énormément de temps d’ingénierie. Au lieu de passer trois jours d’intégration pour chaque nouveau produit, multiplié par cent produits (soit 300 jours de travail), une API standardisée permettrait de minimiser drastiquement ces délais d’intégration, bénéficiant à l’ensemble de la communauté.

Distribution de Threat Intelligence

La troisième couche concerne la dissémination de la Threat Intelligence. L’idée est qu’un client ayant déjà payé pour une source de Threat Intelligence devrait pouvoir la distribuer à tous ses produits de sécurité, et non seulement à quelques-uns. Cela permet d’agir plus rapidement, plus près de la menace, en diffusant l’information directement aux équipements réseau ou endpoints avant même que les alertes n’arrivent au SIEM.

L’analogie médicale et la spécialisation

Nicolas établit une analogie pertinente avec la médecine pour illustrer l’évolution de la cybersécurité. Il y a 15 ans, le domaine était relativement limité et rudimentaire, comparable à la médecine générale d’il y a un siècle. Aujourd’hui, comme en médecine où personne n’accepterait qu’un généraliste pratique une neurochirurgie, la cybersécurité nécessite des spécialistes. La plateformisation ne fait plus sens dans un contexte où chaque domaine requiert une expertise pointue.

Cette spécialisation se reflète également au niveau des professionnels et des entreprises. Il est désormais impossible pour une personne de maîtriser tous les aspects de la cybersécurité, tout comme une entreprise ne peut exceller dans tous les domaines simultanément.

Vision future et Cyber Security Mesh Architecture

David Bizeul établit un parallèle intéressant entre OXA et le concept de Cyber Security Mesh Architecture (CSMA) proposé par Gartner. Le CSMA représente une vision du marché où la cybersécurité est pensée comme un ensemble de composants travaillant en chaîne. OXA constitue une manière d’opérationnaliser cette vision, offrant aux clients la possibilité de choisir les meilleurs produits pour leur contexte spécifique tout en garantissant leur interopérabilité.

Le projet intègre également un système de labels (bronze, silver, gold) permettant aux éditeurs de s’autodéclarer compatibles avec différents niveaux d’interopérabilité OXA. L’objectif est d’encourager les clients à favoriser l’interopérabilité plutôt que la plateformisation dans leurs appels d’offres et budgets.

Avantages pour l’innovation

Un aspect particulièrement intéressant d’OXA est son potentiel pour favoriser l’innovation. Une startup avec une simple preuve de concept peut se rendre compatible OXA et être rapidement intégrée dans des workflows matures de grands groupes. Par exemple, une startup développant une solution d’analyse de deepfakes pourrait être sollicitée dans un workflow de cybersécurité dès ses débuts, là où elle aurait dû attendre trois ans de maturation dans un modèle classique.

Pour les utilisateurs, cette approche offre également une résilience accrue : si un produit ne satisfait plus ou si l’éditeur fait faillite, il peut être facilement remplacé par un autre produit compatible OXA, sans disruption majeure du workflow.

Conclusion

Le projet OXA, disponible sur le repository GitHub d’Open Cyber Alliance, représente une approche innovante pour repenser l’interopérabilité en cybersécurité. En promouvant les standards ouverts et en facilitant la collaboration entre solutions spécialisées, OXA offre une alternative crédible à la plateformisation dominante, au bénéfice tant des éditeurs que des utilisateurs finaux.

Notes

Collaborateurs

Crédits

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Tags: edr, open, oxa, xdr


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